« Le jour où je me suis effondrée, je n’ai pas compris ce qui m’arrivait. »
Avant de craquer complètement et de tomber dans la dépression, j’étais quelqu’un de très actif, menant boulot, vie familiale, vie amicale de front et à fond, et cela depuis de très nombreuses années.
Objectivement, j’avais tout pour être heureuse : vie de couple, enfants, boulot, amies, santé.
Le jour où je me suis effondrée, je n’ai pas compris ce qui m’arrivait. Mon mari m’avait fait une petite réflexion et là tout a « craqué » en moi.
Rétrospectivement, je sais maintenant que cet effondrement se préparait en moi de longue date : épuisement physique et mental, goût à rien, grande solitude, impression de ne pas y arriver, difficulté à me lever, insomnies, fatigue constante…
Après avoir craqué, j’ai dormi et pleuré pendant de nombreux mois, puis j’ai demandé à être hospitalisée en hôpital de jour. Cela m’a aidé à sortir du lit mais la tristesse, le désespoir étaient encore là, le manque d’énergie aussi, et surtout l’envie.
J’avais la sensation d’être définitivement morte à l’intérieur mais je ne voulais pas mourir, notamment pour mes enfants.
J’avais tout essayé pour sortir de la dépression, ce puits sans fond : sommeil, clinique, médicaments, méditation, yoga…
Un jour de désespoir, devant ce gouffre qui restait collé à moi, j’ai fait une recherche sur internet. J’avais déjà entendu parler des AA qui avait littéralement sauvé un très bon ami à moi. Je me demandais si l’équivalent existait pour la dépression.
Et, coup de chance, ou maintenant je dirais que ma Puissance Supérieure (PS) a été là pour moi, je suis tombée sur le site Dépressifs Anonymes (DA).
Cela a été le début de mon rétablissement, un jour à la fois. Au début je ne comprenais pas bien le programme, j’étais méfiante : secte ou pas secte, qu’est-ce que cette histoire de PS?
Peu à peu, réunion après réunion, une lumière est apparue au bout du tunnel.
Ce sont d’abord les partages qui m’ont soulagé : enfin, je n’étais plus seule à traverser cette épreuve. Très simplement, chacun.e racontait ce qu’il ou elle ressentait et comment le programme en 12 étapes les avait amenés à devenir des dépressifs heureux.
Puis j’ai commandé la littérature et celle-ci m’accompagne tous les jours.
Un jour j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai appelé une amie du programme. Et là encore, le fait d’être en lien, qu’elle me rappelle le programme, qu’elle partage avec moi ses expériences m’a permis de passer une bonne journée.
J’ai peu à peu intégré le programme dans tous les domaines de ma vie grâce à des échanges quotidiens avec ma marraine du programme.
Cela fait un peu plus de 3 ans que j’ai poussé la porte des DA.
Entre temps j’ai pris du service. Je ne m’éloigne jamais très loin car cela est devenu la colonne vertébrale de ma vie.
Je suis bien plus connectée à mes émotions, je les vois venir et je sais que je ne suis plus seule face à elles, mais que j’ai un programme, une marraine, des réunions, de la littérature et des ami.e.s qui sont toujours là quand j’ai besoin, sans jugement.
Oui, je peux devenir une dépressive heureuse, un jour à la fois, grâce au programme DA.
© Dépressifs Anonymes